J’ai passé près de quinze ans en salle de marchés. J’aimais l’intensité de ce métier. Les décisions rapides, les journées qui ne se ressemblent pas, l’impression d’être toujours au bon endroit quand tout s’accélère.
Mais j’avais pris une mauvaise habitude : considérer la récupération comme quelque chose à faire une fois le travail terminé. Ou une fois les vacances arrivées. Ou, plus honnêtement, une fois que je n’en pouvais plus.
Le repos n’est pas la récompense de l’épuisement
Quand une journée est pleine, on a tendance à remplir aussi les espaces qui restent. Un message dans le taxi. Un appel en marchant. Le téléphone au moment où l’on se couche. On se dit que l’on s’arrêtera plus tard, quand tout sera réglé.
Sauf que ce moment n’arrive jamais vraiment. La liste change, mais elle ne se termine pas.
Je ne dis pas qu’il faut renoncer à l’ambition ou vivre au ralenti. Je crois simplement que l’on travaille et que l’on vit mieux lorsqu’on laisse régulièrement de la place à autre chose. La récupération est un apprentissage. Elle mérite une place dans la semaine, pas seulement dans les vacances.
Pourquoi j’ai créé Sonam
J’ai découvert les gongs, puis je suis partie me former au Népal. Ce qui m’a intéressée n’était pas l’idée d’une solution miracle. C’était la possibilité de vivre une expérience dans laquelle on n’a rien à produire, rien à réussir et, pendant un moment, rien à décider.
Chez Sonam, chaque personne s’installe dans un cocon flottant. Le bain de gong commence. Les sons prennent la place que l’on donne d’habitude aux sollicitations. On peut avoir mille pensées, s’endormir, rester très éveillé·e : il n’y a pas de bonne manière de vivre la session.
Les sessions collectives durent une heure. Je tenais à ce format parce qu’il peut trouver sa place dans une vraie semaine, même chargée.
Faire de la place avant d’en manquer
Je n’attends plus d’être à bout pour prendre ce temps. C’est peut-être le changement le plus simple, et le plus difficile à tenir. Une heure ne règle pas tout. Mais elle peut marquer une pause nette dans une journée qui, autrement, n’en aurait aucune.
Le repos ne devrait pas commencer quand on n’en peut plus.
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